Les muses de l'orée

Le blog littérataire d'Orel des Bois

02 juillet 2009

Les lucioles 2.20

XX.

 

 

 

Ce qui fait si mal… c’est que nous voulons sans cesse cet émerveillement. Cependant… nous avons beau essayer de le toucher, nous n’y parvenons jamais. Au moment même où nous croyons l’embrasser, il s’évapore... Et il n’y a plus rien.

Peut-être ne nous est-il pas destiné… Sommes-nous trop cupides ou trop fous ? Vouloir dans nos bras étreindre un idéal…

Posté par oreldesbois à 21:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juin 2009

Les lucioles 2.19

XIX.

 

 

 

Pardon.

Pardonne-moi si mes larmes pour celui que j’ai raconté un instant t’ont offensé, pardon, ce n’est pas lui que je cherche et que je veux trouver un jour, pardon, il n’était pas toi. Parce que toi, tu m’aurais reconnue à la seconde. Tu m’aurais retrouvée…

Je sais que c’est ma présence que tu pistes derrière les aurores, les flammes boréales, les soleils et les pays d’Oz. Et nous sommes nés de l’explosion de la même étoile, ses particules de lumière infimes… De la même ritournelle, le chant d’un troubadour…

Je sais que tu m’attends, toi, tu ne me laisseras pas partir. Pardon d’avoir croisé le feu d’un autre, pardon de l’avoir réinventé. Mais n'oublie pas : n’aie pas peur de mes incertitudes, ne crains pas ceux que tu n’es pas. Car il faut que tu saches : même si je perdais ta trace un court moment, si tu aimais d’autres visages, d’autres corps pour leur détresse, leur confusion, mon cœur serait en toi.

Quand nous nous rencontrerons j’oublierai, sois-en sûr, tout sera neuf, les pages blanches… Je baignerai ta peau dans l’eau des ruisseaux pour apaiser les meurtrissures passées, nous crierons adieu au néant ! Tout sera à écrire. Tu es mon compagnon de rêve, mon ami d’enfance, mon frère, plus fort que tous les anathèmes ! Nous sommes nés de l’explosion de la même étoile.

 

Posté par oreldesbois à 20:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les luicoles 2.18

XVIII.

 

 

 

Mais une libellule là sur un nénuphar, et je reviens à toi…

 

Il arrive qu'un être me touche tellement fort qu'en le croisant tout en moi tressaille. J'ai parfois cru avoir trouvé mon trésor derrière un accent de voix qui me rappelait un beau conte. Et ce parfum d'amour que ces mouvements exhalaient ! Qui pouvait me dire alors si ce trouble était la bonne route vers le palais de mon roi ? Car ce n'est que plus tard après les heurts ou un rien me révélant mon égarement, que j'ai su qu'il me faudrait chercher encore. Faut-il fermer les yeux aux étincelles des regards au risque de laisser passer l'âme espérée ?

Juste prendre garde à l’approche d’un faux semblant.

 

 

 

 

 

Posté par oreldesbois à 20:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les lucioles 2.17

XVII.

 

 

 

Cette histoire, c’est son visage qui me l’a dictée, son visage que j’ai aperçu une fois puis une fois encore et je n’ai pas voulu l'oublier. Je l’avais rencontré ailleurs peut-être, avant, très loin d'ici ? Ou bien avait-il quelque chose, la silhouette, la musique de celui que j'attends ?

C’est lui que j’ai vu parmi tous ces corps avides de voix criardes, d'accords dissonants et d’oubli. Le hasard ou autre chose l'avait assis à la table à deux pas de la mienne, juste en face, je ne regardais que lui. Le décor en rappelait d'autres. Du chaos au néant. Boîte de nuit, de rock, guitares et hurlements, boîte de n’importe quoi. Il était venu avec d'autres garçons, pas d’amie, et dès lors j’ai aimé sa solitude. J’ai aimé son infortune parce qu’il la faisait hurler, il semblait trembler dans le noir et les assauts de lumière laser. Il riait, mais des larmes et des hurlements de chien auraient semblé moins déchirants…

Puis la musique s’est adoucie. J’ai chanté doucement avec elle. Oh baby, baby, it’s a wild world. Et il a ri plus fort encore. Mais je n’étais pas dupe. Derrière ses éclats, je sais que lui aussi murmurait les paroles. Il est allé danser. Brusquement. Sur la piste embrumée il n’y avait alors que des couples enlacés. Et avec son corps dessiné à la plume, ses bras légers comme des voiles, il a pris des attitudes aériennes, éthérées, faisant tournoyer délicate sa silhouette gracile autour d’une fleur imaginaire. Au milieu de ceux qui s’étreignaient. Il a amené ses cheveux très longs sur son visage triste, il a levé la tête vers les planètes chimériques du plafond et ses bras sont descendus de sa nuque à l’inertie. Il riait, riait sans seulement y croire, pendant que ses lèvres reprenaient les paroles... Ses yeux étaient brillants, avec au bord des gouttes d'eau immobile. A qui voulait-il montrer sa détresse, toute cette affliction, cette chorégraphie grise et si troublante ? Trop.

La musique s’est accélérée. Il s'en est allé à sa place. Les noctambules ont pris place sur la piste. Je me suis levée pour danser à mon tour, seule. Je l’ai vu plusieurs fois ce soir-là. A chaque fois il était debout dans une clairière improvisée en plein cœur de la foule. Je devinais des violettes timides à ses pieds, des églantines à sa rencontre. Des roses sauvages... Le chant d’un rossignol. Un lieu secret, invisible. Qui regardait-il ?

Au petit matin il est parti, lui, les siens, laissant sur la table les verres et les bouteilles auxquels ils n'avaient pas touché. Je me suis assise à sa place. J'ai souhaité plus que tout qu’il ne soit pas lui aussi juste une silhouette qui passe… Pas lui !

 

Une seconde fois j'ai eu cette chance, l'apercevoir. Il est revenu s'asseoir à l'endroit même où je l’avais distingué la première fois. Il était habillé comme un prince, cheveux d’or, chemise blanche flottante, là où tous se voulaient rebelles. Je n'ai pas osé faire un geste.

Et j’ai inventé une parenthèse dont il serait le héros, une autre fantaisie dans mon histoire… Je l'ai dessiné chevalier fugace, prince d'un fief humble et sublime.

Pourtant je me demande encore… Qui était-il vraiment? Un elfe sans doute.

 

Posté par oreldesbois à 20:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2009

Les lucioles 2.16

XVI.

 

 

 

Sur les chemins de ronde

 

 

 

Elle l’avait reconnu avant qu'il ne croise son visage.

Il dansait dans la salle de bal les paupières closes, ses cheveux ondoyaient soyeux. Il avait l'air ailleurs. Il semblait écouter un autre langage derrière les accords du fifre et de la vielle. Peut-être l'attendait-il encore sans se douter qu'elle était déjà là…

Elle le regardait, patiente et fébrile, ses rêves n'avaient pas menti puisqu'elle le rencontrait ce soir. Souhait exaucé, calme et subtil enchantement…

 

Sur ce balcon où ils s'étaient retirés, le lierre et le chèvrefeuille mêlaient feuilles et fleurs, et elle, elle hésitait à lui dire  « Je t’aime. »… Ces mots trop entendus dans les romances faciles, de peur qu’ils soient malhabiles à dire leurs liens, qu’ils fassent disparaître toute la magie de la nuit dans des nuées inexistantes, elle ne les prononcerait pas. Et jamais non plus elle ne le lirait au bord des lèvres de son chevalier. Leur idylle serait un alizé, un baiser sur la peau, soufflé sans qu'on la touche.

L’autre âme, c’était lui, parce qu'il lui disait du plus profond de son silence qu'elle était jolie, que ses yeux comblaient tous ses espoirs, tristes et magnifiques… Et malgré tout ce que lui avaient infligé les voix des gens du passé, malgré ce que lui répétait chaque jour son miroir, elle consentait à le croire. Il lui contait des trésors, que dans la chevelure d'ombre de la belle venaient s'endormir au soleil couchant les douces créatures du petit monde, qu'une fée aux ailes claires y habitait le jour.

L’autre âme, c’était lui. Parce que pour elle, il avait combattu tant de fois au corps à corps contre la solitude et ses sortilèges, il en gardait des cicatrices pourpres. Parce qu'elle avait répété ces messages de détresse perçus des milliers de fois dans son sommeil, comme un écho à ces douleurs en elle. Et il avait pleuré...

 

Elle lui parla tout bas :

« Tes cheveux sont clairs et blonds, si longs, rayons de Lune, moonlight, ils ondulent dans l'espace… Tu es fragile, si fragile. Tes mains sont frêles. Tu es mon prince sans couronne, mon chevalier sans blason, sans fortune.

Et pourtant tu me défendras sur les tours et les chemins de ronde. Dans ces châteaux ténébreux, ces ruines inexplorées où mes ennemis m’auront faite prisonnière de chaînes pesantes, tu défieras le sort, les mauvais rois et les dragons de ta seule épée, de ton bouclier déjà brisé à tant de lames… de ta tendresse pour mes appels à l’aide. Pour moi… Tu es mon prince, mon chevalier.

Et tout ce qui est en mon pouvoir je le ferai, pour que jamais plus tu n’aies mal. »

Posté par oreldesbois à 16:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juin 2009

Les lucioles 2.15

XV.

 

 

 

Mais tu n’es pas là.

Et pour longtemps sans doute… Alors je m’invente des histoires… Avec un autre, des autres, mais ce ne sont pas des « histoires d’amour », où le mot amour s’est figé et a perdu son essence merveilleuse volatile, où il est lié, grave et raisonnable, et fait pour les gens sérieux. C'est autre chose que je veux…

Mes histoires coulent, rimant, dansant, aériennes, insaisissables, les liens tissés avec les héros de ces récits sont doux et inconsistants. Ils savent soigner les maux, effacer la douleur. Ce sont des contes éthérés où le temps est absent. Où le temps n’a jamais existé, puisqu’il s’incarne tout entier dans l’instant et que le passé et le futur se sont évaporés. Des histoires de compassion, d’univers…

Où l’être retrouvé n’est pas un corps opaque… Où une âme voit une âme parmi l’infinité de silhouettes anonymes des rues et dès lors elle se tend toute entière vers l’autre, lui offrant toute sa poésie et ses romans secrets, osant enfin livrer, avouer tous ses rêves de princes et de justiciers, d’ondines, de sylphides, d’arbres millénaires et de sources souterraines, de royaumes célestes et de fées bleues, de ciel, de ciel…

 

 

 

 

Posté par oreldesbois à 18:14 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les lucioles 2.14

XIV.

 

 

 

Il y aura une cascade, filets d’eau coulant d’une pierre fraîche gorgée de reflets. L’eau vient sur nos visages, sur nos vêtements légers. Translucide. Nous nous apprenons plus encore. S’imprégner l’un de l’autre…

Je te lis devant moi. Tu as la peau fragile, avec des traînées rouges de sang, fragile, pure, que seuls les gestes de l’air, l’écume ou les herbes sauvages ont pu caresser. Et tes cheveux humides retombent sur tes yeux, lumineux, tes yeux sombres, mes yeux. Ils ont la couleur que j’attendais.

Ils laissent les gouttes pleurer sur tes lèvres violacées à peine ouvertes pour respirer. Je sais, tu as toujours retenu ton souffle, tes paroles te semblaient futiles, inutiles puisqu’elles n’étaient pas pour moi. Mais maintenant, tu le retiens pour écouter, écouter. Le silence. Entendre mon souffle. Tu le savais, il est rythmé sur le tien. Chaque battement de ton cœur ne fait qu’un avec les soubresauts de mon cœur. Nous sommes deux, nous sommes un.

Puis ta main fera mine de goûter l’eau. J’ai compris, ma main goûte l’eau aussi et nos doigts se touchent, nos doigts se nouent, nous sommes debout dans ce torrent brillant de soleil. J’effleure enfin tes lèvres. Tes doigts devinent ma bouche. Un frémissement… Deux pétales traversent l’espace. Nous tentons de les rattraper. Ils se sont envolés et ta main glisse, sur moi, ma main retombe, sur toi. Nous sommes enlacés. Eternité. Et nous tombons à genoux.

Nous sommes liés l’un contre l’autre sur la terre ruisselante. Terre des hommes, Terre-lumière, Terre-éternité,  réunis, Frères !

Posté par oreldesbois à 18:14 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juin 2009

Les lucioles 2.13

XIII.

 

 

 

Nous ne nous parlerons pas. Pas à notre aurore. Nous nous verrons. Nous sourirons. Doucement. Nous nous reconnaîtrons, toi et moi. Toi, moi… Et tous ces songes conscients ou nocturnes rejailliront dans nos yeux en faisceaux aquarelle. Je t’avais découvert dans toutes mes vérités, dans les mots des poèmes, dans cet appel lointain et suppliant que je pleurais de ne pouvoir étreindre… Dans les formes délicates des nuages…

Tu es venu ! Le temps ne presse plus désormais, il est encore tôt, tout commence… Ne le devançons pas. Laissons-le freiner nos gestes…

 

Et quand nous aurons retrouvé tout le courage volé par nos détresses anciennes, quand nous serons certains de ne plus jamais avoir de crainte, nous hurlerons. Nous hurlerons pour faire peur aux nuits, nous hurlerons aux écueils, aux précipices et aux orages tout ce que nous aurons souffert avant nous ! Aaaaaaaaaaah ! Aaaaaaaaaaah ! Puis nous courrons, courrons, sylphes par les forêts vertes, jade, nous courrons, arrosés de percées de ciel, de pluie, de larmes peut-être, mais elles ne viendront pas de nos yeux. Elles ne viendront plus de nos yeux. Le vent habillera nos corps, les particules de lumière caresseront notre peau, les ronces mordront notre chair mais nous ne souffrirons pas. Nous ne souffrirons plus.

Puis nous prierons pour que Dieu nous pardonne ces délires païens, pour effacer à jamais toutes ces lâchetés en nous, ces faiblesses et ces négligences. Et il nous pardonnera. Parce qu’alors nous aimerons tout ce qu’il y a à aimer. Et légers dans les feuillages, la rosée et les épines, nous ressentirons l’éternité !

Et un rire éclate, le tien ? le mien ? vivant, un rire du fin-fonds des bois, du fin-fonds des âges, le rire de l’origine, le rire des hommes ! Il résonne par les forêts, dans chaque arbre jusqu’à en pénétrer l’écorce, se mêle au chant des oiseaux, au cri de tout être innocent se mouvant sur la Terre, rire originel, rire humain, chant de la vie ! Amour…Peut-être même atteindra-t-il une ville lointaine, peut-être. Peut-être un vieillard sur son banc d’autrefois. Peut-être… Peut-être un autre, peut-être des autres. Mais de tout cela nous ne saurons que des rumeurs chuchotées par une brise au creux de l’oreille…

Nous serons toi et moi, liés à jamais, nés de l’explosion d’une même étoile… Et si nous avons été si longtemps éloignés l’un de l’autre, c’est pour pouvoir nous retrouver mieux, aujourd’hui, être là, si fort. Tu es moi, je suis toi. Je suis née avec toi, nous sommes frère et sœur de lumière, plus fort que le sang, frère et sœur d’éternité. Ensemble maintenant !

Posté par oreldesbois à 18:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2009

lEes lusioles 2.12

XII.

 

 

 

Dans mon sommeil j’ai rêve d’un prince, il était tellement ce dont j’ai besoin, brave, doux, un réconfort, une raison de lutter !

Le réveil a sonné comme une déchirure. On dirait pourtant… J’y vois plus clair. S’il y a une seule et faible chance qu’un tel être puisse se rencontrer ici dans le domaine du réel, je n’ai pas le droit un instant d’y renoncer. A chaque seconde, de repos ou de veille, je veux la ressentir, et de tous les pores de ma peau, de ma conscience, de ma nébuleuse intérieure, cette présence auprès de moi ! Et même si aucune boussole n’indique son adresse, pour lui je sortirai de mes cachettes… Le semblant de comète changera sa trajectoire. J’irai au hasard, en avant !

 

 

 

Je te cherche. Je ne veux que toi. Tous mes délires, toutes mes angoisses et mes déprimes ne sont qu’un cri déchiré vers toi. Je te sais dans mes mots, je t’entends dans mes rêves, dans mon ombre triste, dans les reflets bleus des miroirs. Je te dessine sur les croissants de lune de ces nuits solitaires où j‘attends de te connaître…

Posté par oreldesbois à 19:44 - 1. Ecriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 avril 2009

Les lucioles 2.11

XI.

 

 

 

Je suis injuste sans doute. Car des semblables me tiennent compagnie aussi. Dans le brouillard le son de leur voix et leur halo sont reconnaissables entre tous. Ils me sont chers. Il y a Sophie surtout, nous aimons les mêmes poèmes, les mêmes chants… Il nous arrive de rire de tout. De douter aussi, du monde, de nous…

Pourtant je ressens un gouffre si abyssal en moi… Mes amis jusqu'ici m'ont paru incapables à le combler. Certains appellent cela de l'ingratitude, quand toute tentative autour de vous reste impuissante à vous offrir un peu de joie. Où est l’issue ?

Car je ne trouve pas les miens quand au tréfonds de moi je suis malade. J’ai beau héler, les ramener à ma mémoire, la souffrance ne cesse pas pour autant. Certains souvenirs même l’amplifient… Cette absence immense de sincérité, de don de soi partout… Puis les choses s’entremêlent et tout se met à me manquer !

 

Je retrouve alors mes êtres féeriques. Vite je me réfugie dans leurs cabanes de bois ! Il y a de la mousse, des fougères, quelques fleurs sauvages, une odeur de sève fraîche. Et je suis mieux. Je vais bien.

Peut-être par défaut, comme un baume sur mes peines en attendant un autre bonheur dans le vrai monde, s’il est possible… Pourvu qu'il vienne assez tôt… Avant que cette réalité ne me blesse trop fort.

Posté par oreldesbois à 21:21 - 1. Ecriture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »