26 juin 2009
Les lucioles 2.19
XIX.
Pardon.
Pardonne-moi si mes larmes pour celui que j’ai raconté un instant
t’ont offensé, pardon, ce n’est pas lui que je cherche et que je veux trouver
un jour, pardon, il n’était pas toi. Parce que toi, tu m’aurais reconnue à la
seconde. Tu m’aurais retrouvée…
Je sais que c’est ma présence que tu pistes derrière les aurores,
les flammes boréales, les soleils et les pays d’Oz. Et nous sommes nés de
l’explosion de la même étoile, ses particules de lumière infimes… De la même
ritournelle, le chant d’un troubadour…
Je sais que tu m’attends, toi, tu ne me laisseras pas partir.
Pardon d’avoir croisé le feu d’un autre, pardon de l’avoir réinventé. Mais
n'oublie pas : n’aie pas peur de mes incertitudes, ne crains pas ceux que
tu n’es pas. Car il faut que tu saches : même si je perdais ta trace un
court moment, si tu aimais d’autres visages, d’autres corps pour leur détresse,
leur confusion, mon cœur serait en toi.
Quand nous nous rencontrerons j’oublierai, sois-en sûr, tout sera
neuf, les pages blanches… Je baignerai ta peau dans l’eau des ruisseaux pour
apaiser les meurtrissures passées, nous crierons adieu au néant ! Tout
sera à écrire. Tu es mon compagnon de rêve, mon ami d’enfance, mon frère, plus
fort que tous les anathèmes ! Nous sommes nés de l’explosion de la même
étoile.
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