Les muses de l'orée

Le blog littérataire d'Orel des Bois

19 juin 2009

Les lucioles 2.13

XIII.

 

 

 

Nous ne nous parlerons pas. Pas à notre aurore. Nous nous verrons. Nous sourirons. Doucement. Nous nous reconnaîtrons, toi et moi. Toi, moi… Et tous ces songes conscients ou nocturnes rejailliront dans nos yeux en faisceaux aquarelle. Je t’avais découvert dans toutes mes vérités, dans les mots des poèmes, dans cet appel lointain et suppliant que je pleurais de ne pouvoir étreindre… Dans les formes délicates des nuages…

Tu es venu ! Le temps ne presse plus désormais, il est encore tôt, tout commence… Ne le devançons pas. Laissons-le freiner nos gestes…

 

Et quand nous aurons retrouvé tout le courage volé par nos détresses anciennes, quand nous serons certains de ne plus jamais avoir de crainte, nous hurlerons. Nous hurlerons pour faire peur aux nuits, nous hurlerons aux écueils, aux précipices et aux orages tout ce que nous aurons souffert avant nous ! Aaaaaaaaaaah ! Aaaaaaaaaaah ! Puis nous courrons, courrons, sylphes par les forêts vertes, jade, nous courrons, arrosés de percées de ciel, de pluie, de larmes peut-être, mais elles ne viendront pas de nos yeux. Elles ne viendront plus de nos yeux. Le vent habillera nos corps, les particules de lumière caresseront notre peau, les ronces mordront notre chair mais nous ne souffrirons pas. Nous ne souffrirons plus.

Puis nous prierons pour que Dieu nous pardonne ces délires païens, pour effacer à jamais toutes ces lâchetés en nous, ces faiblesses et ces négligences. Et il nous pardonnera. Parce qu’alors nous aimerons tout ce qu’il y a à aimer. Et légers dans les feuillages, la rosée et les épines, nous ressentirons l’éternité !

Et un rire éclate, le tien ? le mien ? vivant, un rire du fin-fonds des bois, du fin-fonds des âges, le rire de l’origine, le rire des hommes ! Il résonne par les forêts, dans chaque arbre jusqu’à en pénétrer l’écorce, se mêle au chant des oiseaux, au cri de tout être innocent se mouvant sur la Terre, rire originel, rire humain, chant de la vie ! Amour…Peut-être même atteindra-t-il une ville lointaine, peut-être. Peut-être un vieillard sur son banc d’autrefois. Peut-être… Peut-être un autre, peut-être des autres. Mais de tout cela nous ne saurons que des rumeurs chuchotées par une brise au creux de l’oreille…

Nous serons toi et moi, liés à jamais, nés de l’explosion d’une même étoile… Et si nous avons été si longtemps éloignés l’un de l’autre, c’est pour pouvoir nous retrouver mieux, aujourd’hui, être là, si fort. Tu es moi, je suis toi. Je suis née avec toi, nous sommes frère et sœur de lumière, plus fort que le sang, frère et sœur d’éternité. Ensemble maintenant !

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